A priori, je suis une femme équilibrée. Socialement bien intégrée, un travail, une famille, un mari, des hobby.... Personne ne se dirait, comme ça "Oh! Regarde, voilà une vraie maniaque du bouton blanc, une obsédée de l'acné disgracieuse, une traqueuse de l'inesthétique point noir!"
Là encore, s'il s'agissait de mes problèmes de peaux, ça ne serait pas un vrai problème. Seulement voilà, des problèmes de peaux je n'en ai pas, pour la simple raison que ma salle de bain est un annexe des laboratoires Avène. J'ai celui qui désincruste, celui qui mâtifie, celui qui gomme, celui qui désinfecte...
Mon homme en revanche, avec son 1m10 de dos à tendance grasse, offre un terrain rêvé à mon vice le plus inavoué: Je suis une fanatique du perçage de points noirs.
22 heures. Nous sommes tous les deux lovés dans le canapé devant une émission nulle, un morceau de fromage et un verre de blanc. Je lui dis: "Mon amour, le problème entre nous, ce n'est pas tellement la routine. C'est le fait qu'on se Bidochonise. C'est vrai, c'est merveilleux de péter à son gré tout en mangeant du camembert devant la télé, mais mince, c'est pas très glamour tout ça!"
Loulou s'apprête à répondre, se demandant quelle réplique joker pourra le tirer de cette conversation désolante. Quand soudain, je le vois: Là, insolent sur son épaule nue, ce gros point noir-blanc qui trépigne sous sa peau et qui me dit "perce moi!!"
Impossible de résister. Je tente bien de me concentrer sur autre chose, mais mes yeux reviennent inlassablement sur cette cible. Il faut être rapide, Loulou n'est pas un acnéique facile. Un agile coup d'ongle et paf: Voilà le perçage amorcé en même temps que surgit le cri de Loulou:
"Mais putainnnn!!! T'es lourde avec ça! Tu parles de devenir des Bidochon, mais tu passes ton temps à me percer les boutons!! On n'est pas des singes, bordel!"
Je l'ai à peine entendu. Mes yeux sont toujours attirés par l'insolent qui n'attend qu'un dernier coup de pouce pour foutre le camps. J'ai beau savoir à quel point ça l'exaspère; je braverai sa colère s'il le faut mais ne pourrais refréner cette pulsion exfoliante.
Passage à la salle de bain. La conversation a tourné court et l'heure est au brossage de dents. A la lumière des néons, le vilain bouton est encore plus énervant. Deuxième coup d'ongle furtif, deuxième cri de Loulou.
"Chuuttt, tu vas réveiller la petite...", lui dis-je.
... Loulou est définitivement énervé pour ce soir.
Nous allons nous coucher et je tente un rapprochement sous la couverture. Finalement pas rancunier, il m'encercle de ses gros bras et je fais de même avec les petits-miens... Quand soudain, juste là au milieu de son dos: Mes doigts à têtes chercheuses détectent un autre bouton. Jiminy me fait la leçon "Si tu fais ça, tu vas le regretter".
... Et bien OUI, je l'ai fait.
Car une fois mon forfait accompli, je savais que j'allais pouvoir m'endormir sereinement.
Et Loulou, résigné, s'est contenté de lâcher un grognement de contestation.
Suis-je alors névrosée, sujette à des tic, des toc, ou autres trucs obsessionnels?
UN CRIQUET DANS LES CALANQUES
... Ou brèves de vie d'une jeune maman Marseillaise
INTRO: MOI ET MON JIMINY CRIQUETJ'ai découvert les blogs.
Charmée par l'étendue des talents de jeunes anonymes venus s'essayer à la prose sur ces pages virtuelles, je me suis dit que moi aussi, j'étais capable d'habiles galipettes littéraires et de farces lyriques à même d'amuser la galerie.
Comme ce bon vieux Gepetto, j'ai moi aussi un petit Jiminy Criquet qui m'accompagne: vous savez, cet insecte aussi sympathique que cérébral qui lui souffle sagesse et réflexion alors que ce rustre bricolo ne semble bien maîtriser que sa scie et son marteau. Jiminy, c'est le psy qui l'a dit, ce n'est que le fruit de son imagination. En vrai, dans son atelier, il est tout seul Gepetto: avec sa scie et son marteau et accessoirement Pinoccio.
Je décidai donc de donner la parole à mon ami imaginaire afin qu'il exprime ici ses amusantes réflexions sur la condition humaine.
Seulement voilà, j'ai beau fouiller dans mon imagination, me triturer les méninges, me masturber le ciboulot... Rien de drôle ne me vient à l'esprit. Mon criquet pour le coup ressemble d'avantage à un vilain cafard.
Et pour cause. S'il est admis que le quotidien est la source principale d'inspiration des petits comme des grands auteurs; la vie que je mène en ce moment ne m'inspire que tourment et tracas.
J'ai dis "que je mène" en parlant de ma vie? Alors je dois rectifier... Car si on mène un bateau comme on mène une vie, cela implique qu'on tienne la barre assez fermement de façon à profiter des courants et éviter les écueils. Hors là, force est de constater que c'est ma vie qui me mène, et telle le bateau ivre, elle me fracasse sur les rochers en tenant ma tête sous l'eau.
Sous ces fonds marins mon criquet peut composer à son gré. Non pas qu'il y soit tranquille, car le remous des vagues et les chocs intempestifs font s'entrechoquer mes idées et les mélange en une ragoûtante pâtée cérébrale.
Par ailleurs, il y fait sombre, froid et humide, ce qui comme chacun le sait n'est pas le climat idéalement propice à la prolifération de ces sauterelles améliorées.
Non, mais là au moins il n'est pas dérangé par les chansons niaises de Cendrillon, les rires stupides des 7 courts sur pattes de Blanche Neige ou les ébats dégoûlinants de romantisme de la Belle et le Clochard-en-rut.
Mon Jiminy cafard me fait chier. Il a bouffé mon Jiminy criquet.
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3 commentaires:
Il est super ton blog! Continue, c'est très bien écrit, je n'ai absolument aucun conseil à te donner, tu as un très bon style et une bien jolie famille!
et hop en favoris.
Mille bises de Londres
zaza
Mais oui tu es atteinte d'une névrose acnéicochronique aigue. Pauvre Nico!
moi je suis plus points noirs, mais malheureusement mon homme non plus n'apprécie pas!!merde alors
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